Chronique d’une vie pas ordinaire. part 1.

Le moteur du J9 fraîchement révisé par Nico, le moissonneur batteur, les amplis et instruments chargés, les enceintes de façade faisant office de siège, rendues confortables par des matelas qui serviront de couches à la fin du concert, nos cinq acolytes prennent place dans le tour bus made in Nissart. Exceptionnellement, ils sont cinq. Pour la première fois, Sonia, amie d’apéro propulsée manager en carton, nous accompagne sur la route. Quelques dates de prévu en Italie, on y est attendu. C’est peut être dû au nom du groupe, Money Lisa, ou aux intrépides bondissements de Fox, le chanteur. Peut être tout simplement à la qualité de ce groupe néo métal électro des années 90. Mais l’Italie nous a souvent fait un bel accueil. J’aurais d’ailleurs de nombreuses occasions de vous en parler dans cette rubrique. Niveau traduction, pas de lézard, Ilitch, guitariste virtuose élevé a la sauce Van Halen est Italien, né a Genêve mais Italien. Personnage plus haut en couleur qu’en taille, qu’on est souvent obligé d’aller chercher très loin dans les cieux, un rêveur.

Départ imminent, Nico conduit, Sonia lui roule un buzz. Elle va déjà boire et bouffer à l’œil, les autres ont décidé qu’elle roulera les spliffs tout le trajet. Sonia c’est notre pote, elle veut faire carrière dans la musique, nous aussi. Alors on l’a propulsée manager. Elle est belle, multi toxico, intelligente et parle couramment l’anglais, ça c’est fait naturellement. Mis à part le chanteur, qui n’a pas eu trop son mot à dire, on était tous d’accord. Il l’a trouvée incapable d’assumer cette place, il ne s’était pas trompé concernant le groupe, on ne s’était pas trompé concernant ses capacités, officiant maintenant au sein d’une grosse boite de management Londonienne qui s’occupe notamment de Pete Doherty. Quoi de mieux qu’un bon groupe rock’n'roll des familles pour faire ses premiers pas. Son premier pas dans ce monde parallèle des indépendants, elle s’en souvient encore.

Autoroute Nice Est. Péage de la Turbie.

_ Nico, jette le joint y’a la douane. Merde c’est encore pour nous. Il se fourre le toc de shit dans la bouche, en grommelant je ne sais quelle insulte à l’encontre des descendants de Rousseau, pas Jean-Jacques, l’autre, le douanier.

_ Douane Française bonjour, veuillez couper votre moteur s’il vous plaît. Houla, y’a du monde la dedans.

_ Et ouais, on est un groupe de rock et on part faire une tournée en Italie.

_ Nous on aime bien le rock, Johnny, Calogero …

_ Ah ! ( et merdeeee)

_ Et c’est quoi le nom de votre groupe ?

_ (Nico la bouche pleine) Money Lisa, on est de Nice.

_ Money Lisa ? C’est pas possible ?? Mais on vient souvent vous voir dans les Pubs du vieux Nice.

Commença alors, une chronique de la vie non ordinaire, que même Bukowski aurait pût inventer, mais cette histoire est vraie, réelle. Notre ami Rousseau, fier comme un paon, au sourire qui caractérise normalement un fan de Tokyo Hotel, se met à hurler aux autre Rousseau, ( nous sommes toujours sur le bord de l’autoroute ) :

_ hey les gars, c’est les Money Lisa, venez !!

La horde de Rousseau, occupés jusqu’à présent a verbalisé le pauvre lambda revenant du marché de Vintimille avec sa pauvre contrefaçon pourrie de Vuitton, rappliquent tous un par un. Sonia s’enfonce de plus en plus dans le siège défoncé du J9. Visiblement, ses collègues n’ont pas le même engouement pour nous. Je pense même qu’ils ne nous connaissaient pas. Qu’à cela ne tienne, ils font semblant, devant l’insistance de notre fan à l’uniforme gradé.

Nous voilà tous sur l’asphalte de l’autoroute, on hallucine ( surtout Nico et son chewing juana ). Sonia reprend ses couleurs. Elle se pince, ce qui d’ailleurs lui laissera un joli hématome bleu sur le bras, comme un symbole. S’en suivit, une séance de dédicaces de nos affiches de concert. Sur le bitume, au péage, devant les yeux éberlués des automobilistes. Notre fan, qui reste néanmoins un Rousseau, nous sourit et nous demande si on a quelque chose à déclarer. Un non silencieux de la tête par Nico, et pour cause, et les Uniformes retournent à leurs occupations favorites qui consiste a faire mousser leurs égos en terrorisant les usagers de la route. L’abus de pouvoir, seuls les faibles n’y résistent pas. Moteur redémarré, nous sommes abasourdis par ce que l’on vient de vivre, et tellement soulagés qu’ils n’aient pas trouvé le matos, qu’on tarde à redémarrer. On frappe à la vitre latérale du conducteur, Nico remet le shit dans la bouche, ses dents sont marrons. Et là, un douanier tout timide nous lâche :

_ Vous n’auriez pas une affiche plus petite pour mettre chez moi, car les grandes sont pour le poste.

Vous n’y croyez pas ? Nous l’avons vécu. Chroniques d’une vie pas ordinaire.douanessoupcons.jpg

 


Un commentaire

  1. lila dit :

    quand je dis que tu as mille vies je ne me trompe pas!!!! mais petite question ,il l’a eu son affiche plus petite ou pas? lol

    Bien sûr :-)

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