La spirale.

1 : La rencontre. 

Le lézard est dans la pièce. Juste au dessus du radiateur, collé sur ce mur, les yeux fixés sur elle. Il l’a trouve fascinante, lui aussi. C’est certain. C’est un cadeau des dieux cette créature, surtout pour un trentenaire descendant pris du syndrome lolitesque. Un mélange subtile et magique, candide et pure. Elle est jeune, très jeune. Elle est belle, trop belle. Entre eux, s’établira une connexion naturelle. Le jeu prédominera. Du haut de son expérience, il initiera à cette petite princesse, la perversion de la soumission. Il l’a décidé ainsi, dès leur première rencontre, la veille, dans ce bar bruyant où  ils s’étaient donnés rendez vous à la suite d’une courte correspondance sur un tchat stupide. Elle était auteur interprète, du moins se proclamait elle ainsi, à juste titre. Il était auteur compositeur interprète, la rencontre était inévitable.

Son jeune amoureux l’accompagnait ce soir là, collé à ses basques comme un adolescent. Ewan le salua. Il était touchant ce gamin fasciné par cette créature. Elle a besoin qu’on la regarde comme la huitième merveille du monde. Elle ne s’offre qu’a cette seule condition. Mais le jeu était déjà lancé. Un jour d’ailleurs, elle lui trouvera un nom : la spirale. Ce touchant gamin, aussi gentil et prévenant pour elle, était déjà hors jeu. Ewan n’en ressentit aucune pitié, il ne lui adressera d’ailleurs plus la parole de toute la soirée. Soirée, que le tout jeune adulte finira avec ses amis à l’autre bout du bar, sans se douter qu’il abandonnait. Il en souffrira plus tard, c’est la règle du jeu de l’amour. Un jour tu gagnes, et l’autre tu saignes. Ewan n’éprouva aucun remord sur ça, il estimait que la vie n’était qu’un éternel mouvement perpétuel. Qu’à ce moment précis, il était le gagnant, et que c’était un juste retour sur ses récentes cicatrices d’une douloureuse séparation.

Tout s’enchaîna très vite. Ewan n’était pas venu seul non plus, ils avaient décidés pour leur première rencontre, de venir accompagné de leurs prétextes conjoints. Une sorte de couverture censé les persuadés que leur relation serait professionnelle. Elle ne savait pas qu’aujourd’hui, elle commençait un long voyage initiatique. Mais au plus profond d’elle même, comme dans tout auteur qui sommeille, elle savait qu’elle ne pourrait écrire ou décrire parfaitement certains sentiments sans en avoir testé les effets. Cet homme expérimenté, si à l’aise en société l’intriguait. Elle sentait le danger, et cette crainte lui apportait enfin du sens à cette vie de jeune fille sans histoire. Ils décidèrent de se revoir chez Ewan le lendemain soir pour dîner. Ils parleront d’un éventuel projet commun. Il lui demande de venir seule, elle accepte. Il sait maintenant, que la spirale est lancée.

Sur le chemin du retour, Ewan fixait les bandes blanches de la route, le regard dans le vide. Il venait de faire une des plus belles rencontres de sa vie, il appréciait ce moment. Six mois plus tôt, il voulait mourir. Détruit par l’amour, par sa bêtise et son impossibilité à se comporter avec raison. Cette fille, c’était pour lui un don du ciel, c’était magique, inespéré. Il avait bien eu quelques conquêtes depuis sa rupture, des filles de passage, ou bien cette femme qui le ramène dans cette voiture, qui a bien senti, ce soir là, qu’elle perdait et qui lui demande de ne pas dîner avec cette gamine qui joue outrageusement les ingénues. Il l’a regarda froidement dans les yeux et lui dit simplement : Je te quitte. Elle rentra dans une colère noire, et fini par se calmer et partir. Elle en souffrira aussi. Les dommages collatéraux sont inéluctables quand tout son être, corps et âme, désire.

2 : les prémices. 

Le lézard est dans la pièce, juste derrière le radiateur. Il se cache, se fait discret, il a compris que la présence de cette princesse dans ce salon lui imposait de ne pas s’afficher en public afin de ne pas entraver la suite de cette scène qui se jouait sous ses yeux de reptile. Ils sont face à face, ils trinquent. Elle avait l’air d’un oiseau tombé du nid, une fausse timidité mais néanmoins une certaine gêne face à la situation. Se retrouver seule avec un homme, un adulte. Elle décida donc de boire un peu. Ewan la détaillait de la tête aux pieds. Elle portait un t-shirt qui laissait présager des seins en poire magnifiques. bien fermes, hautains de toute sa jeunesse. Il aimait ce moment de découverte. Il aimait son petit nez, sa bouche magnifiquement dessinée. Il adorait l’écouter, quand elle lui parlait en lui jetant des petits regards par en dessous. C’était la pureté, il se sentait le diable.

Une heure s’était écoulée, ils avaient ri et l’atmosphère commençait à se détendre. Les prémices d’une complicité. Elle avait pris ses aises sur le canapé de cette chaleureuse pièce. Ewan savait qu’il devait prendre la décision. Ce devait être rapide. Il s’installa à coté d’elle sur le canapé, naturellement, ramenant une nouvelle bouteille de la cuisine. Ils étaient tous les deux grisés par l’alcool, pas ivres, mais juste à la limite. La conversation tournait autour de la musique, elle était tournée vers lui et lui parlait beaucoup, l’alcool aidant. Il commença à la regarder plus fixement dans les yeux, elle en fût gênée, ou du moins, lui fit paraître. Au milieu d’une phrase, il s’approcha et posa sa bouche sur la sienne. Rien ne pouvait laisser présager ce geste, la surprise fût totale, à tel point qu’elle ne pût avoir aucun réflexe quand elle sentit la langue d’Ewan dans sa bouche. Elle ferma les yeux quelques secondes, répondant aussitôt à ce baiser, tournant sa langue dans un fougueux mouvement aussi désordonné que spontané. Elle se laissa glisser dans le coma du désir. Mais se reprit rapidement, et repoussât violemment Ewan sur le canapé. Son visage avait soudain pris la forme du rôle qu’elle avait elle même choisi, soumission et peur.

3 : l’initiation. 

Ewan s’excusa. Il avait déclenché les hostilités, rien ne laissait transparaître qu’elle désirait aller plus loin. Avait elle peur, ou jouait elle ce rôle comme un fantasme ? N’était ce pas après tout, une fausse interprétation dûe à son propre fantasme de domination ? Il fallait doser chaque fait et geste qui allaient suivre. Il fallait qu’il lui laisse le choix de vraiment le repousser tout en insistant. Elle, ne pouvait concevoir d’avoir une relation sexuelle consentit avec une autre personne que son boy friend. Pourtant, elle sentait le désir monter en elle. L’ambiance était surréaliste, elle était recroquevillée sur le canapé, à la manière d’une otage devant son ravisseur. Ewan s’approcha d’elle, il ne pouvait plus reculer, il devait l’initiée.

Il lui attrapa les deux mains, elle se débattait en criant non. Il dosa sa force de manière à ce qu’elle pût, dans un geste violent, se défaire de cette emprise et ainsi mettre un terme définitif à cette soumission primaire et sauvage. Il sentit qu’elle dosait aussi sa force pour rester les deux mains bien étreintes dans son dos. Son torse en avant semblait frémir entre crainte et envie. Ewan comprit alors qu’il ne s’était pas trompé. Elle criait non, bougeant son visage de droite à gauche pour éviter la bouche d’Ewan qui cherchait à l’embrasser. Ils tombèrent à terre, il lui retira le t-shirt violemment. Elle était sur le dos, allongée sur le sol glacé. Elle ne criait pas, mais se débattait. Ses joues étaient rouges de l’effort fourni. Elle se sentait humiliée en soutif devant cet homme mais elle adorait ça.

Il se débattait à terre avec beaucoup de passion. un peu comme des enfants qui jouent à la lutte. Elle gardait son visage de petite fille effarée, ce rapport ne devait pas être consenti, elle ne l’aurait pas assumé sinon. Ewan dosa son étreinte de manière à ce qu’elle ne puisse plus bouger. Dans un geste brusque, il lui retira son jean. Elle redoubla de force, pour bien montrer qu’elle n’était pas consentante, mais ne pouvait plus bouger. Elle était magnifique, une peau blanche presque laiteuse. Une petite culotte en coton dépareillé à son soutien gorge. Allongée, soumise à cette homme sur le carrelage. Elle serra les jambes de toute ses forces quand elle sentit qu’Ewan faisait glisser sa culotte. Ses mains étaient jointes au dessus de sa tête, elle était nue, comme une offrande à un dieu. Elle continuait à se débattre, à susurrer qu’elle ne voulait pas. Ewan se plaça sur elle, baissa son pantalon et tenta de lui écarter les cuisses. La lutte s’intensifia, elle serrait ses cuisses très fort pendant deux longues minutes. Ils restaient parfois immobiles, elle le regardait toujours en l’implorant, elle montrait qu’elle avait peur, c’était peut être vrai.

Dans une ultime tentative, Ewan sentit les cuisses s’ouvrirent. Elle feint une ultime protestation et sentit son sexe envahi. Aussitôt elle se cambra pour l’accueillir au plus profond d’elle. Elle tremblait de désir. Cet homme qui l’a pénétrée lui procurait une jouissance incroyable. Ewan lui lâcha les mains, pris ses appuis pour accentuer ses coups de reins. Elle passa ses bras autour de lui et lui griffa le dos à sang. Elle pouvait enfin profiter, cette relation n’était pas consentie, ce n’était pas de sa faute, elle assumera sa soumission. Ils jouirent ensemble dans un orgasme sauvagement orchestré.

4 : épilogue. 

Elle était allongée nue sur le carrelage, elle ne disait rien et fixait son regard au plafond. Ewan la regardait se cacher le sexe de ses petites mains frêles. Ils se connaissaient à peine. Comment allait elle réagir? Après tout, n’était elle pas trop jeune pour ce genre d’apprentissage ? Peut être se rhabillerait elle comme une furie, s’enfuyant pour aller se jeter dans les bras de son jeune amoureux en pleure. Il s’assit contre le canapé, la tête dans les mains, elle ne bougeait toujours pas.

Elle se leva brusquement, se jeta sur lui, une gifle claqua sur son visage. Ewan était pétrifié, d’un hochement sec et déterminé du visage, elle lui dit, sur un ton autoritaire : “à mon tour maintenant”. Et dans un geste brutal, elle le plaqua au sol et lui prit le sexe à pleine bouche. La spirale était lancée, Ewan tourna la tête vers le mur, le lézard était dans la pièce, près du radiateur.

 


5 commentaires

  1. chris spé dit :

    toujours se méfier des ingénues… et je trouve que nous accordons beaucoup d’importance à bien peu de chose finalement… on ne peut rien y faire je crois… héhé. sois cool. chris.

    Il faut se méfier de tout !! ça me rappelle un vieil Audiard « ne nous fachons pas »

  2. chris spé dit :

    et le lézard… c’est le regard de morrison? ;-)

    Tiens je pensais pas à lui mais ça me va plutot bien oui ;-) comme on baby light my fire

  3. tchitchi dit :

    Au delà de l’aspect « cru »qui peut révulser certaines âmes sensibles, j’admire ton talent de narrateur. Bien raconté, mon Pilou face.

    qui l’eut cru ? :-p

  4. lenaelle dit :

    J’aime bien, ça parle de sexe mais jamais de façon vulgaire. Les ingénues…oui faut toujours s’en méfier :)

    cet Ewan aurait il du soucis a ce faire ?

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