Carnet de santé.

 

 

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Mr Pilou n’a jamais avalé un seul cachet antidépresseur de sa longue et trépidante vie. Il apparaîtrait presque comme un marginal, tant, dans ce pays, et de surcroît sur cette toile, cette pratique est banalisée par nombreux d’entre nous. J’ai souvent flirté avec l’envie d’en prendre, dans certains moments de ma vie en désespoir (J’avais la fâcheuse tendance à pratiquer le up and down). J’ai souvent utilisé d’autres substances illicites, (Je suis comme beaucoup de monde, difficile de vivre dans un milieu urbain à notre époque), mais étrangement je me suis toujours refusé d’engrangé ne serait-ce qu’un pied dans cet engrenage. Certainement grâce à cette peur de la dépendance. La même, probablement, qui m’a évitée de tomber dans l’héro, alors qu’autour de moi, les gens transformaient parfois leurs bras en passoire. J’ai presque toujours sut éviter les dépendances. Je dis bien presque, car j’ai laissé gagner la cigarette.J’ai donc eu recours à d’autres substances, mais toujours occasionnellement. Quand ma conscience me dictait que j’abusais (vous savez cette petite voix dans votre subconscient qui vous dit un beau matin qu’il trouve que vous abusez un peu), je l’écoutais toujours et m’éloignais de ce produit pour un certain temps, en tout cas, pour un temps certain.

 

Ce qui m’a toujours gêné dans la prise d’antidépresseur, c’est qu’il y a justement cette notion de dépendance (prise régulière, arrêt palliatif, long terme …), et quand on a vécu, comme moi, dans certains paradis artificiels, fréquentés par Baudelaire, Morisson ou Géronimo (oui je sais, l’exemple peut paraître étrange et pourtant …), on sait d’instinct qu’il ne faut pas approcher certains angel dust. Vous, qui valsez votre vie sur un Valium, ne voyez aucun jugement de ma part sur le fait que vous dansiez. On connais tous la musique, on est pas là pour juger de la meilleur chorégraphie a effectuer. Dans cette époque épique si cher à Léo Férré. Cependant, ça me remet en mémoire une situation vécu jadis. Un contact msn (nous avons tous, me semble-t’il, un individu de ce type dans nos contacts ^^), qui était sous anti dépresseur depuis un an (une année à se défoncer le cerveau tous les jours, quand même), à cause d’une sombre histoire d’amour (comme d’hab). M’annonce un jour d’un air très solenelle, presque maternelle : Tu ne trouves pas que tu fumes trop ?

 

Cette anecdote ne m’avait pas interpellé sur le coup, et j’avais certainement, comme à mon habitude, sorti ma plus belle tête de Caliméro coupable. Mais tout de même ; quand j’y pense maintenant, c’était gonflé de sa part. Gentil, car intentionné et bienveillant, mais gonflé tout de même. Elle à retrouvée l’amour, n’a toujours pas chassée sa dépression, et moi je fume toujours autant. Alors, où cette réflexion m’amène-t’elle ? Et bien elle me mène à cette certitude que ce magnifique dicton : Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans le tien ? est souvent vrai. Cessons de se juger les uns, les autres de nos addictions. Faisons en sorte de faire de ce monde un endroit agréable, tolérant et respectueux. Alors peut être, nous pourrons avoir – un jour – l’esprit léger . Enfin, en attendant le temps des cerises, je citerais Charles Baudelaire qui en 1860 déclamaît déjà : « Le bon sens nous dit que les choses de la terre n’existent que bien peu, et que la vraie réalité n’est que dans les rêves. »

 

Carnet de santé. dans pilou philo kongfuzi1

 


9 commentaires

  1. Alfea dit :

    J’aime beaucoup ta chronique du jour :)
    Elle me rappelle une petite discussion que nous avons eu il n’y a pas si longtemps et ‘ai presque eu l’impression de me reconnaitre dans ce que tu as écrit :) .
    Je n’aime pas moi non plus l’idée d’avaler une petite pilule pour faire passer en douceur les difficultés de la vie (c’est pour cela que j’ai d’ailleurs toujours refuser d’en prendre) et je n’ai pas honte de dire qu’il m’arrive parfois de m’évader dans un paradis qui est sans aucun doute artificiel mais qui me permet de me libérer de mes angoisses en les analysant d’une façon différente.
    Toutefois, la personne qui t’a conseillée ne te juge peut-être pas. Sa façon de te dire : ne fumes-tu peut être pas trop n’est-elle pas plutôt une incitation à te remettre en question, ou un incitation à s’épancher sur son épaule pour te permettre d’évacuer ton « trouble » qu’un simple jugement ?.
    Et puis, ne la juges-tu pas toi-même un peu lorsque tu écris : Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’?il de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans le tien ? :)
    Ha mon Pilou, les relations humaines ne sont jamais simples…
    Accepter l’autre tel qu’il est demande parfois de gros efforts.
    Les défauts de nos qualités, c’est pour ma part, ce qui fait notre force :)
    C’est à mon sens, notre équilibre émotionnel, l’un ne peut aller sans l’autre.
    J’espère ne pas t’avoir contrarié en te donnant mon ressenti et j’espère surtout, ne pas t’avoir…. jugé :)
    Zou Affectueux
    Alfi

    Je pense que tu m’as mal lu, je ne juge personne, cette chronique était juste là pour démontrer ce proverbe justement, alors forcément sans exemple ça aurait été un peu chiant. Merci de tes conseils, cependant, je pense savoir ou j’en suis niveau relationnel, crois moi. Et cette fameuse personne on s’en fout complètement, elle n’en valait surement pas le coup ;-) bises mr Pilou. PS : Pas contrarié, je dirais que tu étais légèrement hors sujet ^^ (sourire)

  2. Alfea dit :

    Ha bah crotte alors. moi qui pensais te remonter le moral en faisant ma Macha…. pffff zéro pointé sur toute la ligne alors.
    Zou quand même et à tout très vite :)
    Alfi toute penaude

    Oh mais je le moral à bloc en ce moment mon alfi, excuse ma réponse sèche mais c’était le matin et j’étais de mauvais poil (ça m’arrive rarement) milles excuses et milles bisous pour me faire pardonner.

  3. Ptite Smily dit :

    Encore et toujours j’aime beaucoup tes écrits ! ^^
    Et puis quelle réalité cette citation! A retenir !!
    Un autre exemple très flagrant sont ceux qui passent leur temps à critiquer carrément les autres notamment les couples sans se rendre compte que chez eux c’est bien pire !!
    M’enfin c’est comme ça !
    Continuons de rêver, au moins c’est une source que l’on possède vraiment et qui comporte beaucoup plus de couleurs que la réalité !
    Gros bisous à toi ! ;)

    Oui un petit débutant ce Baudelaire, mais il ets doué :-p
    Rêvons encore et encore, et même mieux, partageons nos rêves ….
    je t’embrasse et te souhaite une bonne semaine dans l’est …


    Dernière publication sur Je suis moi, et c'est déjà pas mal : 8 mois...pour un bout de vie passée

  4. fan dit :

    Oh comme je suis d’accord! Je fume depuis..euh bon bref passons… et j’adore ça! J’ai arrêté quelques mois à grand coup de cachetons et j’ai très vite compris que, comme béquille, je préférais ma clope. Mais pilules mises à part,ma reprise (combien plaisante!) a été essentiellement motivée par l’interdiction placardée partout. De quoi interdit? ben raison de plus alors! Quant à ceux qui me bassinent avec ça (ils sont de plus en plus nombreux),comme je ne suis pas plus perspicace que les autres et que je ne sens pas la poutre dans mon oeil, je leur répond qu’il faut bien que j’ai au moins un défaut! :o p

    Hahaha, belle réparti de fille ça :-p

  5. Marich dit :

    Et oui M’sieur Pilou, elle est belle cette phrase de Baudelaire parce qu’elle est si vrai et quand on se la répète on s’allège la vie… quand on vit selon ses rêves ou que l’on court aprés bien souvent on s’approche du bien être mais cela n’empeche pas toujours d’avoir recours a certaines petits techniques parallèles pour trouver l’apaisement … sont gentils ces petits palliatifs faut juste pas tout leur attribuer surtout pa sle bonheur , il est bien trop intrinsèque à chacun celui là … Ciao M’sieur Pilou

    C’était, tu l’auras compris, le but de ce post ;-) bizz

  6. lucaerne dit :

    Juste une petite confusion, Mr Pilou : le Valium n’est absolument pas un antidépresseur, mais un anxiolytique, souvent prescrit comme somnifère. De la famille des benzodiazépines (les pires).

    Les antidépresseurs sont des substances qui luttent contre un dérèglement chimique cérébral, un peu comme on se soignerait contre un cancer, quels qu’en soient les effets secondaires, si on veut y survivre. Ils ne procurent donc aucun plaisir artificiel, aucun effet euphorique (ou alors, ils sont immédiatement arrêtés). Ils permettent juste à certaines personnes de ne pas se foutre en l’air. Ce n’est pas rien, quand même ! Aucune dépendance, il ne faut cependant pas arrêter trop tôt ni trop brutalement, de la même façon qu’il ne faut pas arrêter les médicaments contre la fièvre tant qu’on a de la fièvre. Logique ! Ce n’est pas l’arrêt du médicament qui pose problème, c’est le retour de la maladie. Car quand on prend des antidépresseurs, c’est qu’on est en dépression, donc malade.

    La cigarette ne soigne rien. Ceci dit, je m’en fiche, et fume bien qui veut.
    Mais il me semble important d’arrêter de « diaboliser » les personnes qui essaient de se soigner et qui ont peur de certaines substances, peur qui se fait au péril même de leur vie.
    Voilà voilà… :-)

    Et donc tu trouves ça normale qu’il y ai plus de deux millions de dépressif qui prennent ça ? Je ne pense pas que la totalité soient suicidaire, et j’en connais, crois moi.
    En ce qui concerne ce que tu appelles la cigarette, je te dirais simplement que tu as mal compris ce texte, peut être volontairement déguisé de ma part. Je parlais bien sûr de ganja ;-)

  7. lucaerne dit :

    Cigarettes ou ganja… fume ce que tu veux. Ce n’est pas moi qui irait t’embêter avec ça (surtout pour la ganja d’ailleurs :P )
    Ce que je voulais dire, et qui me semble important, c’est qu’il faut arrêter de culpabiliser les personnes qui sont malades. Un peu comme, il fut un temps, on ne faisait pas de péridurale « de confort » sous prétexte qu’accoucher vraiment, ça devait se faire dans la douleur. Quel rapport ? Ben oui… quel rapport ???
    Les antidépresseurs soignent une VRAIE maladie. Et des tas de gens ne se soignent pas et supportent cette maladie justement parce qu’on les culpabilise. Il faut beaucoup de courage pour avouer que oui, on est dépressif, et qu’on se soigne pour cela. Alors que quelqu’un qui prendrait un cachet contre le mal de tête n’aurait aucun scrupule.
    Mais peut-être que je suis trop sensible à ce sujet, parce que JE prends des antidépresseurs, et que sans eux, je ne serais plus là pour te laisser des commentaires.
    Et pourtant, j’ai eu bien du mal à accepter d’en prendre.

    Je ne parle évidement que de ceux qui en prennent à tors et à travers. Les trois quarts des personnes que je connais et qui en prennent, pourrait aisément s’en passer, ils ont juste besoin d’arrêter de s’écouter. D’autres en ont surement réellement besoin, mais beaucoup en abusent …

  8. lucaerne dit :

    « Ils ont juste besoin d’arrêter de s’écouter » ? Si tu savais comme ce genre de phrases peut faire mal ! Mais Mr Pilou, quand on ne s’écoute pas, c’est qu’on va bien. Je te trouve trop catégorique à mon goût, sur ce coup-là. As-tu une formation en psychiatrie ou en psychologie ? Es-tu capable de mesurer l’état de souffrance exact de ceux dont tu parles de manière si tranchante ? Peux-tu assurer qu’il ne font pas de gros efforts pour cacher la juste mesure de leur détresse ?
    Quand un de tes amis se casse une jambe, lui reproches-tu de s’être fait poser un plâtre ? Pourquoi s’écoute-t-il autant ? Tais-toi et marche !
    Mais je sais, tant qu’on n’y est pas passé, on ne peut pas comprendre. Et je ne le souhaite à personne. Un peu plus d’empathie, Mr Pilou, c’est toujours mieux pour l’humanité. C’est ce qui lui manque le plus.


    Crois moi, je parle en connaissance de cause, j’en suis sorti donc plus apte a en parler que quiconque. Surtout plus apte a en parler que ceux qui sont dedans. Dont acte !! Tout le monde n’est pas malade, beaucoup s’écoute, c’est tout. Le cerveau à des codes, suffit d’un peu de volonté pour certains. Encore une fois, tu ramènes tout a ton cas !! Je crois que tu es tellement dedans que tu captes pas ce que je dis, toi tu en as certainement besoin, j’en doute pas. Mais certainement pas la majeur partie de ceux qui prenne des tranquillisants, c’est souvent prescrit par facilité je trouve !!

  9. lucaerne dit :

    Tu dis que tu connais, que tu t’en es sorti, mais tu confonds tranquillisants et antidépresseurs ? Il y a un truc qui t’a échappé apparemment.
    Je ramène tout à mon « cas », sans doute, mais aussi à celui de tous ceux qui se battent contre cette foutue maladie et à tous leur soignants, que je croise régulièrement et qui se battent chaque jour contre toutes ces phrases toutes faites. Je parle un peu en leur nom.
    Je ne crois pas qu’avoir vécu une expérience donne le pouvoir de comprendre comment les autres la vivent, les « qui s’écoutent », « qui manquent de volonté »…
    Mais tu as raison, c’est un dialogue de sourds. Tu es visiblement bien campé sur tes idées (ce qui montre que tu n’as fait aucun travail sur toi ayant pu d’apprendre l’empathie) et que Mlle Lucaerne a un coeur peut-être un peu trop fragile pour supporter de tels jugements, pour elle et pour ceux qu’elle a appris à respecter, tout « sans volonté » qu’ils étaient.
    Bye Mr Pilou.

    On voit surtout la différence entre quelqu’un qui n’a pas envie de se prendre la tête et qui aimerais effectivement clore ce sujet, et quelqu’un de très véhément qui ne cherche pas à comprendre mes propos. Alors je vais essayer d’être clair une ultime fois. Je ne blâme pas ceux dont tu parles, les « vrais » malades, dont tu fais parti apparement. Bien sûr que je ne dévalorise pas cette maladie, j’ai perdu une amie border line il y a environ 2 ans, par suicide, et pourtant on parlais souvent de sa maladie (ce qui m’a apporté l’expérience pour comprendre les méfaits de cette saloperie de maladie). Je parle de tout ces gens autour de moi, qui, pour une petite dépression dûe à une rupture ou même parfois un travail qui les stress, entame un cycle de tranquillisants OU d’antidépresseurs (j’en ai eu pas mal autour de moi), prescrit par des médecins généralistes peu scrupuleux ou blasés qui préferent « droguer » leurs patients et attendre que ça se passe au lieu de leurs indiquer la manière de ce sortir de cette petite dépression (on ne parle pas de maladie là, mais d’humeurs passageres, on est d’accord). La manière étant une thérapie sérieuse ou un travail sur soi permettant de retrouver la raison. Cette pratique est très courante en France qui compte le triste record de prise d’antidépresseurs et de tranquillisants en Europe. Trois fois plus que nos voisins. Je te renvois a cette article d’un magazine de santé qui parlent du problème de ces produits donnés a des personnes ne souffrant d’aucun trouble psychiatrique qui se voient prescrire ces médicaments sur de longues durées, sans être averties de leurs effets secondaires ni bénéficier d’un suivi régulier. Tu comprends le sens de mon article maintenant ou tu continues a te buter et (je te cite) campé sur tes idées qui montre que tu n’as fais aucun travail sur toi ayant pu inclure la comprehension de l’autre dans le dialogue. PPfff t’es relou bordel ;-p
    http://www.paperblog.fr/1027806/alerte-a-la-consommation-d-antidepresseurs-en-france/

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